Trappes : Voyage au cœur d’une communauté

Ileana Epsztajn, pour le blog Insights de l’OCDE

À 25 kilomètres de Paris, dans les Yvelines, la ville de Trappes comptabilise le plus grand nombre de départs pour la Syrie en Europe. Comment cette ville, lieu de naissance de nombreuses célébrités françaises comme Jamel Debbouze, Omar Sy, Nicolas Anelka ou encore Sofia Aram, en est-elle arrivée à ce triste record ?

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Nicolas Anelka, Trappiste devenu star du foot
GLYN KIRK / AFP

C’est l’une des questions que se sont posées Raphaëlle Bacqué, grand reporter au Monde, et sa collègue Ariane Chemin. Ensemble, elles ont passé une année à Trappes, pour tenter de comprendre l’évolution de cette communauté et d’en rendre compte dans un livre*, dont Raphaëlle Bacqué est venue parler au Forum de l’OCDE.

Développés dans les années 1960, les nouveaux quartiers de Trappes sont pensés comme une utopie urbaine par sa mairie, communiste depuis 1944, avec des bâtiments bas et des espaces verts pour éviter les inconvénients de la banlieue. Mais, au fil des années, les familles françaises et d’origine italienne ou portugaise quittent la ville, et le taux de la population nouvellement immigrée progresse de 325 % entre 1968 et 1975. Au cours des années 1980, la délinquance croît à mesure que s’étiole la mixité sociale. Et pendant les deux décennies suivantes interviennent des événements qui finiront de retrancher et d’isoler la ville. Dans les années 1990, le grand lycée, qui accueillait à la fois les enfants de Trappes et ceux des riches communes alentours, est doublé d’un second lycée vers lequel s’exilent tous les élèves de la classe moyenne et aisée. Puis, au début des années 2000, un nouveau maire, socialiste, gagne la ville contre la promesse de construire une grande mosquée à Trappes. Là où le parti communiste avait longtemps organisé le social dans la ville, c’est la religion, un islamisme proche des Frères musulmans, qui va s’immiscer.

Et la communauté sociale, économique et géographique constituée par cette ville a ainsi dérivé vers un communautarisme religieux. Aujourd’hui, comme le raconte Raphaëlle Bacqué, les habitants de Trappes disent : « Nous sommes entre pauvres ». C’est une commune qui revendique maintenant son enfermement : rien n’en sort (l’auteure raconte que pendant une année entière, le sujet de son livre, resté secret, n’a pas fuité, protégé par la barrière étanche du périphérique) et rien n’y rentre. Et pour ceux qui en sont sortis, comme les stars de l’écran ou du sport qui ont bénéficié d’une époque plus propice à l’intégration et à la mixité, il est difficile de revenir : on leur en veut.

Comme le résume Raphaëlle Bacqué, Trappes « est comme un laboratoire des tentatives et des échecs des politiques publiques dans nos banlieues ». Ou, comme le constatait plus amèrement un habitant de la ville présent dans le public du Forum, « Si beaucoup des enfants des Trappes sont partis en Syrie, c’est que les politiques publiques ont complètement abandonné la ville. »

Liens et références

Raphaëlle B. et A. Chemin (2018), La Communauté, Éditions Albin Michel, Paris.

Voir la session du Forum de l’OCDE 2018 « Rencontre avec l’auteur : La Communauté (avec Raphaëlle Bacqué) »

Travaux de l’OCDE sur le développement régional, urbain et rural

Steering urban sprawl

Gabriella Elanbeck and Rory Clarke, OECD Observer

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© Keith Meyers/The New York Times/REA

New York City has one of the highest average population densities in the world, and few other US cities share its concentrated hustle and bustle. In fact, most of them face an entirely different challenge: urban sprawl.

The average number of inhabitants per km2 of populated urban space is actually very low in the US, as our chart shows. So while New Yorkers must grapple with the difficulties that accompany larger numbers of people in limited urban space, such as congestion and high rents, people in low density cities face long commutes and costly public service provision.

The US is not alone. While average population density in the urban areas of OECD countries is high in Korea and Japan, it is low in countries such as Austria and Canada.  But even in those countries and cities with high average densities, urban sprawl must be confronted.

People’s lives may suffer, as this scattered and decentralised city growth can lead to environmental damage, social exclusion, and pressures on transportation and public services, as well as high public and private costs. What can policymakers do?

Finding sustainable solutions to reduce sprawl demands rethinking urban space and weighing the private benefits of low density living–my house and garden–against social, environmental and infrastructure costs. Compact cities, which balance dense development patterns, strong public transport linkages, accessibility to local services and jobs, affordable houses and healthy open spaces, can provide an answer.

Links and references

OECD (2018), Rethinking Urban Sprawl: Moving Towards Sustainable Cities, OECD Publishing, Paris, https://oe.cd/urban-sprawl.

OECD (2018), Average population density in urban areas of 29 OECD countries, 2014, https://oe.cd/pop.

©OECD Insights July 2018